Je ne suis qu'un numéro dans cette chambre blanche et froide. On ne me voit plus, je fais partie du décor et des vieux meubles de la vie. J'attends mon tour. Il viendra, je le sais, mais je suis là
à attendre, sans but, entre ces 4 murs froids et impersonnels.
On m'a tout pris.
Ma vie, mes effets, je n'ai plus rien d'autre que moi et mes vieux souvenirs rouillés et imprécis.
On m'infantilise, je retourne à l'état de dépendance. Moi qui ait vécu tant d'années, je ne suis plus rien à leurs yeux, qu'une poupée dont il faut s'occuper. Un gros bébé fripé. Mais aux bébés, on
pardonne tout et à mon âge, on ne me pardonne plus mes accidents. La vie non plus ne me pardonne plus le moindre faux pas.
Je suis fragile, lourd. Chaque pas que je fais est une bataille pour la vie.
Je n'ai rien d'autre à faire qu'attendre.
On m'abandonne ici.
Malgré le monde qui circule, je me sens seul. Je ne suis guère plus qu'un numéro de chambre, le prochain sur la liste. Tout est impersonnel. Malgré la gentillesse du personnel, on sent derrière
leur parole que chaque mot et chaque phrase sont réutilisés plusieurs fois par jour. Je ne suis pas le seul et c'est là leur souci. Nous sommes beaucoup. Beaucoup à attendre notre tour.
J'espère être le prochain sur la liste.
Par Geekette
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A son réveil, Super-Geekette était ravie de voir que le groupe de trolls était parti avant son réveil. Soulagée, elle pu librement s'habiller et faire un brin de toilette dans le petit lac pas
très loin du campement, à l'instar de son rêve et sans craindre les coups d'oeil voyeurs et indiscrets.
"Tous les mêmes" marmonna-t-elle pour elle-même.
Une fois rafraîchie et rhabillée, elle rangea ses affaires et vit que ses voisins de nuit étaient parti en laissant derrière eux leurs déchets.
"Rhaaa ces hommes ! Tous les mêmes ! Quel manque de savoir-vivre et de délicatesse !" râla-t-elle.
C'est amusant de voir comme les gens en ville ne se soucient pas de cacher leur vie. Ils l'exposent à tout instant et même sans le vouloir.
On retrouve dans les poubelles de tri, toutes sortes d'emballages, mis à nu et sans tabous.
Bon, une poubelle commune, ça reste relativement anonyme pour peu que l'immeuble soit grand, mais encore faut-il ne pas croiser un voisin quand vous êtes en train de vider vos poubelles.
Les poubelles d'emballage n'ont pas le droit à un joli emballage plastique masquant la consommation de chacun ? Pourquoi s'encombrer d'un sac poubelle pour toutes sortes de déchets dans ce cas
?
Bon, on en est pas encore à voir se balader des tampax dans la poubelle commune, mais on est pas loins quand même !
C'est ainsi que je sais qu'un de mes voisins est constipé. Amis de la poésie, bonsoir.
Entre les poubelles et le bruit, à croire que partager un immeuble signifie aussi partager les moindres moments de la vie/problème de ses voisins. On se passerait bien de certains détails
!
"Bof, de toutes façons, on ne peut rien attendre d'autre, venant des trolls..."
Super-Geekette, résignée, passa à côté de ce tas de déchets et continua son périple.
Par Geekette
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Super-Geekette avait enfin réussi à déjouer le piège malin du Cadenassus Empetrus
. Cela dit, il lui a fallut toute sa blonditude d'elfe pour parvenir à ouvrir la porte afin de
continuer son chemin.
Quand elle releva la tête, la nuit était déjà installée et elle se rendit compte que ses yeux refusaient de rester une minute de plus ouvert.
Elle les força néanmoins à les garder attentifs le temps pour elle de monter son petit bivouac.
Enfin installée et blottie dans son duvet à plumes de Coincoinus vulgaris
, un oiseau rare dont les plumes ont cette étrange capacité à retenir la moindre parcelle de chaleur, elle peut
enfin se laisser aller à ses pensées oniriques.
Alors qu'elle s'apprêtait à enlever sa tenue pour plonger nue dans ce lac doré et laiteux (les elfes sont naïfs et candides même dans les rêves...), un gros bruit éructif la sortit immédiatement de
sa transe.
Fronçant les sourcils, elle se releva brusquement pour découvrir qu'un petit groupe de trolls avait installé son campement à 200m d'ici.
Ah la vie en communauté. Ses joies du voisinage ! Il y a toujours du bon et du mauvais. Le bon, c'est qu'on rencontre ses voisins (quand ils ne sont pas en décalage avec la vie humaine), descendre
ses poubelles dans l'ascenseur, il paraît que c'est là qu'on fait ses rencontres et comment ! Quoi de plus spontané d'engager la conversation sur les poubelles entre voisins :
"- Et vous ? Les emballages de fromage, vous les mettez dans la poubelle emballage ou dans la poubelle ménage courant ?
- Je dirais que cela dépend si c'est une offre spéciale ou un produit soldé."
Enfin il paraît que c'est là qu'on fait ses rencontres...
...
Le mauvais côté c'est qu'on ne peut plus avoir aucun secret pour ses voisins, quand on est malchanceux, on entend toute la vie et les conversations (ou pire... !!) du couple voisin, parce que
l'immeuble a été fait sur la base d'une paroi en balsane séparant les appartements, quand on est chanceux, il s'agit seulement de l'abouchement du tuyau d'évacuation de la hotte qui rejoint
l'aération de la salle de bain.
S'ensuit alors un combat d'odeur : gel douche pomme verte, fraîcheur et tonicité pour 24h contre ail frit et refrit sur poêle teflon.
Evidemment, le vainqueur n'est jamais celui qu'on aimerait et c'est ainsi qu'on se retrouve avec une odeur d'ail frit dans la salle de bain pendant plusieurs jours.
A noter tout de même, qu'une armée d'odeurs pomme verte fraîcheur et tonicité pour 24h gagne contre un seul soldat isolé d'ail frit.
Ouf.
Super-Geekette regardait d'un mauvais oeil ses voisins nocturnes et quand les trolls tournèrent la tête vers elle, elle eu peur de se faire inviter à leur repas qui sentait l'andouillette de cheval
cornu à plein nez.
Elle se cacha dans son duvet et feignit de ne pas entendre le :
"Hé ! L'Elfe, viens donc réjouir notre soirée de ta jolie et fine frimousse, toi et ta charmante tunique elfique !"
D'un froncement de nez, elle tenta de retrouver son si beau et doux lac.
Par Geekette
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Derrière ces vitres transparentes je ne suis qu'un numéro. Je ne suis qu'une maladie, un cas comme les autres, qu'on doit protéger comme on protège du cristal finement soufflé.
Le moindre choc me tue, la moindre poussière me blesse.
Je suis coincé entre ces murs blancs n'ayant pour horizon que cette paroi de verre.
On ne me voit plus, je suis devenu un décor.
Quand vais-je sortir ? Je sais que cette échéance arrivera, mais quand, ça je n'en sais rien.
J'aimerais parler aux gens qui passent, mais je ne connais d'eux que leurs yeux à travers ce masque. Quelle ironie, on dirait qu'ils se protègent de moi. J'ai l'impression d'être la peste
réincarnée. Et pourtant... Je sais que par cet acoutrement, c'est moi qu'ils protègent. Je ne suis que du cristal pur et fin. Cassable et délicat.
Ma peau redevient transparente au cours des jours, car je ne vois plus le soleil. Je redeviens un foetus vivant en plein air. De l'air filtré et pur.
Ce masque qu'ils portent ne me laisse voir d'eux que leurs yeux, inexpressifs la plupart du temps mais parfois, un regard compatissant : un unique et bref échange de sentiments qui me redonne un
statut d'être humain, de personne vivante et pensante.
Je ne suis que cristal, je ne suis qu'un numéro, une maladie derrière ces murs blancs.
Par Geekette
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(référence inside le titre)
Remise de son aventure à l'auberge, Super-Geekette repris son chemin, arrivée à un croisement, elle se trouva confrontée à un choix de 2 voies à suivre :
"Vers Tapalnetnoub" qui semble mener dans une forêt sombre et hostile
"Vers Talnetgeek" qui a un côté beaucoup plus accueillant et serein.
Super-Geekette qui est une froussarde, préféra prendre la jolie et joyeuse voie vers Talnetgeek. Elle semblait marcher sur un chemin un peu accidenté et dont les cailloux saillants transperçaient
ses [Bottes en peau de moumoute folle] +50 endurance.
Le vieux sage de son village natal aurait appelé ça un hotspotduc. Sur ce genre de terrain, elle subissait sans conteste un malus -30 endurance qui freinait évidemment sa progression.
Puis au loin, elle vit que le chemin la menait à une porte close. Devant, un tas de fils étranges entourait le cadenas qui retenait la poignée de porte et assurait une fermeture que même après un
sort bonus +65 force, un coup de pied ne saurait la déjouer.
Super-Geekette était intelligente, car c'était inné chez son peuple, mais il restait dans son sang elfique, un peu de blonditude. C'est peut-être sa couleur de cheveux, entre le brun et le blond
qui faisait ça ?
Un peu de concentration et une rasade de breuvage alcoolisé blanc magix et ça devrait aller !
Après quelques jours d'attente, la sacro-sainte sonnette (au doux et mélodieux son : DREEEU DREEEU) résonna dans l'appartement.
Une jolie et envoûtante voix crachouillante et venant du fond des enfers se fit entendre dans l'écouteur :
"Bonjour madame, c'est la poste, j'ai un colis pour vous !"
Ô joie ! Serait-ce... :')
Courant dans les escaliers à moitiée chaussée, avant que le postier ne décide qu'il était déjà en reuteuteu lundi à 10h30, je courus jusqu'à la porte d'entrée de l'immeuble et signai la
réception.
2 colis blancs trônaient sur mon lit pendant que je les admirais, la larme à l'oeil.
Y'a plus qu'à installer !
Et là, c'est la panique, j'ai beau me débrouiller plutôt pas mochement avec les ordinateurs, il arrive que mon cerveau court-circuite et fasse un blocage d'installation des fils.
Pas de soucis : L'opérateur téléphonique a tout prévu ! Le mode d'emploi est à la portée d'un enfant doté d'un QI de moule.
Y'a même les schémas et la simulation de branchement qui s'affiche sur l'ordinateur grâce au CD dis-donc !
La Box est installée. Y'a plus qu'à attendre que la ligne soit activée !
Super-Geekette a eu un éclair d'intelligence et vit défiler, comme devant ses yeux, le schéma de résolution de l'énigme au cadenas.
Forte de sa révélation et motivée, elle s'attela à la tâche.
Par Geekette
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